Inouïs du Printemps de Bourges : Renoizer et Sarasara sélectionnés !

Ils sont montés sur scène et ont passé le cap des auditions régionales ! Renoizer (électro) pour la Picardie et Sararasa (pop) pour le Nord - Pas de Calais ont décroché le fameux sésame et représenteront les Hauts-de-Fhttp://newsletter.picardie.fr/spip.php?page=loginrance aux prochains Inouïs du fameux Printemps de Bourges, qui se tiendra du 18 au 23 avril prochains.

Qui ne connaît le Printemps de Bourges ? Ce festival des musiques actuelles qui ouvrira ses portes en 2017 pour une 12ème édition offre sur un plateau des talents confirmés et sert de tremplin à de jeunes artistes prometteurs. C’est tout le principe des Inouïs.
En janvier/février, ont lieu deux soirées d’auditions régionales où les groupes présélectionnés défendent leur candidature sur scène devant un jury lors de concerts gratuits et ouverts à tous. En mars, le jury visionne les vidéos des concerts et fait sa sélection. C’est ainsi que Renoizer (électro) pour la Picardie et Sarasara (pop) pour le Nord-Pas de Calais sont montés sur scène les 13 à Tourcoing et le 28 janvier à Saint-Quentin devant une salle comble. Ils ont tout donné ! Résultat : ils ont remporté tous les suffrages et ont été retenus pour participer aux Inouïs du célèbre festival. A l’issue du Printemps de Bourges qui se tiendra du 18 au 23 avril prochains, deux prix seront décernés : le prix du Printemps de Bourges crédit mutuel et le prix du jury qui garantiront aux lauréats la participation à de nombreux festivals. On leur souhaite bonne chance !

Interview croisée de Sarasara et Renoizer :
Quel est votre parcours ?
Sarasara : J’ai 30 ans. Je viens d’un tout petit village perdu au milieu de la forêt dans l’Avesnois, il ne se passait pas grand-chose là-bas.
J’ai quitté mon village pour aller à l’université, à Lille, où j’ai fait une école de commerce réputée. J’ai décroché un job de chef de projet mobile dans la métropole. Après 6 ans passés là-bas, j’en ai eu assez, j’avais l’impression d’être devenue aliénée.
J’ai commencé à écrire mes chansons, comme je pouvais, un peu tous les soirs, et puis les week-ends, c’est devenu rapidement une addiction et une évidence. Je ne joue pas vraiment d’instruments, j’ai fait du solfège, quelques années de piano au conservatoire mais j’ai vite arrêté, ça m’ennuyait trop. J’ai fait un peu d’art lyrique après ça.
Au bout de quelques mois, j’avais de la matière qui me plaisait, mais je n’avais pas les compétences pour rendre la chose vraiment professionnelle, j’avais besoin de l’aide d’un producteur. Et puis un jour j’ai contacté Matthew Herbert.
Une chose en entrainant une autre, on en est arrivé à terminer 4 titres en une semaine dont les 2 premiers singles de l’album, dans son studio au bord de la mer dans le Kent. En rentrant, j’avais préparé une liste de labels que je visais, One Little Indian était le premier sur cette liste. Il faut croire que j’avais bien écouté mon intuition puisque quelques heures après avoir envoyé ma démo, ils m’appelaient, 2 jours plus tard j’étais à Londres avec un contrat de disque dans les mains.

Renoizer : Mon parcours est celui d’un artiste autodidacte passionné de musique en tout genre qui découvre la musique électronique vers 2005/2006 avec une bande d’amis DJ pour la plupart et d’autres qui composaient sur des machines.
Je me suis tout de suite tourné vers la création plutôt que le djing. Les machines ont été pour moi le gros déclic. Le fait de pouvoir produire une musique de A à Z en solo me correspondait parfaitement.
J’ai rapidement fait mes classes dans un milieu assez underground et plutôt du genre " musique extrême " comme le breakcore, le hardcore mais aussi la drum & bass et l’Idm qui a encore une place bien présente aujourd’hui dans ma musique.
C’est après avoir écumé quelques scènes et de nombreux cafés concerts, qu’une certaine lassitude est apparue. J’avais envie musicalement d’autre chose : de plus calme, plus mélodique, aussi plus cinématographique avec un besoin d’évoluer et surtout de m’affranchir des codes qui bloquaient ma créativité.
C’est comme ça que Renoizer est né ! Un projet ultra personnel avec un caractère propre qui met en avant la créativité, l’expérimentation, l’ambiance mais pas au détriment de la musicalité.
Aujourd’hui le projet évolue encore d’un cran en live, grâce aux compositions vidéos de mon acolyte Julien Appert. Ce sont deux univers qui rentrent en parfaite symbiose pour proposer quelque chose d’unique tant sur le plan sonore que visuel.

Quel est votre style musical ?
Sarasara : J’ai toujours du mal à répondre à cette question, les gens me parlent de pop éthérée, RnB industriel, soul électronique …
Je crois que je ne sais pas encore, j’ai besoin d’écrire plus pour affiner mon style et peut-être que ça viendra un jour.
En attendant, je laisse la musique s’écrire à travers moi et on verra où ça me mènera…

Renoizer : Il n’y a pas vraiment de style prédéfini.
Je n’aime pas trop les étiquettes mais pour répondre à votre question, j’aurais tendance à dire que c’est de la " Bass Music " car il y a souvent beaucoup de grosses basses ou simplement de la " musique électronique ".

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Sarasara : La philosophie, la méditation, la nature, les animaux, le corps humain, les relations humaines, toute l’énergie qui s’en dégage.
Ce sont les seules choses qui ont de la valeur à mes yeux. Je suis une hédoniste, au sens grec du terme, pas au sens capitaliste. Je suis passionnée de Grèce antique, de la mythologie et du Siècle des lumières.
Je ne peux pas vivre en recluse donc j’essaye de retenir le côté positif de la technologie et de m’en servir à bon escient, pour créer, pour l’art et partager ce que je fais, mais c’est tout.
En termes de musique, j’écoute de tout, du classique au rap en passant par la techno. J’ai passé beaucoup de temps en clubs et je suis fan des années 80/90. Ma radio préférée c’est Classic 21.

Renoizer : Mes sources d’inspiration sont très larges et souvent inconscientes. Elles peuvent venir du cinéma, du jeu vidéo, d’un visuel, d’un son entendu par hasard chez moi, dans la rue ou d’une musique écoutée etc...
J’expérimente énormément avec mes synthés dans mon studio. Je démarre toujours de zéro et je n’utilise aucun sample connu ou de sons existants. Soit je crée ces derniers avec des synthétiseurs soit je les enregistre. L’inspiration vient principalement en cherchant de nouvelles sonorités, il n’y a pas de vraiment règles.

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que vous étiez sélectionnée pour les Inouïs ?
Comment s’est passée l’audition ?

Sarasara : Je ne me rendais pas compte des portes que ça allait m’ouvrir, c’est génial, j’ai hâte d’être au festival et de rencontrer les gens qui y seront. Le show au Grand Mix de Tourcoing était vraiment bien, c’est une des meilleures scènes que j’ai faites pour l’instant, j’étais très contente de la réaction du public face à ma musique.

Renoizer : Alors il y a eu la première phase, celle de l’audition où j’étais autant surpris que content d’avoir été sélectionné au niveau régional. J’ai surtout accueilli la nouvelle comme un gros coût de boost pour moi et mon équipe afin de travailler un vrai show live audiovisuel qui a de l’allure, qui soit cohérent et en très peu de temps.
Puis la seconde phase, après l’audition où je me disais juste que ça ne passerait jamais, qu’il y avait d’autres projets bien plus " grand public " et développé que le mien, je n’y croyais pas trop.
Puis le coup de téléphone qui m’annonce " c’est bon, tu pars à Bourges ! " A ce moment-là c’est " wow la claque " avec un sentiment de concrétisation de tout le travail achevé jusqu’ici et une chance énorme de faire évoluer mon projet.

Que pensez-vous de ce dispositif de repérage de jeunes talents ?
Sarasara : J’ai des idées à longueur de journée, je voudrais faire tellement de choses. Ce qu’il me manque, c’est les moyens techniques, humains, financiers et aussi l’exposition, c’est tout ce que ce programme va m’apporter, je suis super contente d’en bénéficier aujourd’hui, j’ai hâte que les choses se mettent en place et je compte bien en profiter au maximum.

Renoizer : J’en pense évidemment que du bien ! Ils ont vraiment joué le jeu et prennent des risques avec des projets très jeunes comme le mien ou d’autres artistes sélectionnés. Ils auraient pu jouer la facilité et voir uniquement le côté commercial, mais là on sent une vraie volonté de trouver des projets originaux. Les Inouis c’est aussi une vraie chance pour nous de toucher directement, via la scène, le milieu professionnel.

Quels sont vos projets en cours ?
Sarasara : Enormément de choses ! La sortie du troisième single de l’album, qui s’appelle SUN, accompagné d’une nouvelle vidéo. Le printemps de Bourges qui est un RDV professionnel important pour moi. Une tournée UK qui démarrera avec le festival The Great Escape à Brighton le 19 mai, des dates à Leeds et Londres. D’autres dates en Europe, dont plusieurs dates en France. Un quatrième single, une quatrième vidéo. Une tournée aux USA à la rentrée. À côté de ça, je prépare une résidence au Palais des Beaux-Arts de Lille en juin, où on va tourner la version live de l’album, On a prévu d’en faire un film, c’est une façon pour moi de cristalliser l’esprit de cet album et de terminer ce projet. J’ai commencé à écrire pour mon second album, je retourne bientôt en studio. Busy !

Renoizer : Alors, j’ai un EP qui est fini, qui arrive en avril sur le label Abstrakt Reflections.
Puis 2 autres EP en cour de mixage qui devraient sortir en juin pour l’un et septembre pour l’autre.
Plusieurs collaborations avec d’autres artistes ainsi qu’une compilation qui arrive fin mars.
Quelques dates sont programmées dans diverses salles après le Printemps de Bourges.

Parlez-nous de vos albums : comment les définiriez-vous ?
Sarasara : Il y a beaucoup de naïveté dans Amor fati, ce que je vois comme une bonne chose. C’est mon tout premier projet, je ne réalisais pas du tout ce que j’étais en train de faire au moment où je l’ai écrit. Je n’étais pas du tout consciente de la tournure qu’allait prendre les évènements quand j’ai signé chez One Little Indian, tout s’enchaine depuis d’une manière assez irréelle. Aujourd’hui je me dis que le titre fait plus de sens que jamais.
Avec un peu de recul, je me rends compte que je donne un tournant à ma carrière et donc aussi à ma vie, à ma façon de penser, de voir les choses.

Renoizer : Shred c’est un EP chill-out, très léger et assez aérien voire sous-marin dans les sonorités. L’ambiance est à mi-chemin entre un doux rêve et une terreur nocturne. C’est en quelque sorte une terrible histoire magnifique.
C’est vraiment l’album à écouter chez soi au calme avec un smoothie ou une bière fraîche.

Sarasara :
https://www.facebook.com/sarasaramusic
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https://www.instagram.com/sarasaramusic/
www.sarasaramusic.com
Renoizer :
https://www.facebook.com/RenoizerMusic/
https://soundcloud.com/renoizer
https://www.youtube.com/watch?v=K8N...

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